Carnet de bord de Nicolas Gilsoul13/05/2016

Bonjour à toutes et à tous,

Quatre manches du championnat mondial des rallyes 2016 que je dispute avec Thierry Neuville sur une Hyundai i20 WRC officielle ont rendu leur verdict. Le moment m’apparaît idéal pour dresser un premier bilan, positif et surtout prometteur pour la suite.

Comme chaque année, le coup d’envoi de la saison a été donné au Monte-Carlo, un rallye délicat en raison des variations de la météo qui compliquent énormément le choix des pneus. Dans le passé, nous n’avions pas toujours connu la réussite dans ce rendez-vous majeur du calendrier. Mais cette fois, tout s’est bien passé : nous avons évité les innombrables pièges des seize spéciales tracées dans les Alpes et l’arrière-pays niçois, et nous avons rejoint la Principauté en 3ème position malgré une fin de parcours rendue stressante par un souci de transmission. Notre avance sur nos plus proches poursuivants étant confortable, nous avons géré aisément ces ultimes moments de tension pour entamer notre campagne 2016 par un podium, et pas n’importe lequel ! Le « Monte » bénéficie en effet d’une aura particulière auprès du grand public comme chez les spécialistes, et y signer une performance de choix m’a permis de mesurer pleinement la portée de mon rôle d’ambassadeur de Wallonia.be.

Au lendemain de cette entrée en matière réussie, le moral des troupes était au zénith à l’heure de mettre le cap vers la Suède pour une étape dont Thierry et moi gardions un excellent souvenir après une belle 2ème place en 2015. Hélas, les choses ont beaucoup moins bien tourné. D’abord, les températures trop douces pour la saison ont dénaturé l’épreuve qui n’était plus guère « hivernale ». Mais surtout un ennui technique a ruiné nos chances d’entrée de jeu : une pièce de transmission ayant cédé après quelques kilomètres, notre voiture n’était plus une 4X4 mais une simple 2 roues motrices ; aucune assistance n’étant autorisée durant cette première journée, nous n’avons eu d’autre choix que de  continuer notre route tant bien que mal jusqu’en début de soirée quand nous avons pu enfin confier la i20 WRC aux mécanos. Cet incident était d’autant plus frustrant que le lendemain, avec une monture au mieux de sa forme, nous avons montré que nous pouvions viser le podium ! Après coup, nous avons mesuré l’importance de l’annulation du shakedown, l’étape spéciale test programmée la veille du départ mais exceptionnellement supprimée en Suède : au lieu de se produire en course, l’incident qui a ruiné nos chances se serait produit pendant ce shakedown et la réparation aurait pu être faite avant le départ. Mais avec des si…

C’est donc animés d’une belle soif de revanche qu’avec Thierry, nous avons abordé le troisième round du championnat, le Mexique. Etions-nous trop motivés ? Avons-nous voulu trop en faire ? Toujours est-il qu’après un début de rallye d’excellente facture, nous avons commis deux petites fautes… aux lourdes conséquences, et nous en assumons l’entière responsabilité. Il faut savoir que les spéciales mexicaines sont disputées sur des routes en terre rendues hyper-glissantes par une couche de poussière qui recouvre un revêtement très dur. Ce « cocktail » est délicat à appréhender et la marge d’erreur y est étroite…

Le dernier rendez-vous dont je veux vous parler avait pour cadre la région de Cordoba en Argentine où, comme au Mexique, les spectateurs affichent une passion débordante pour le rallye. C’est génial d’évoluer dans cette ambiance teintée d’enthousiasme, de ferveur et de gentillesse. Hélas, les dieux de la mécanique – ou plutôt de l’électronique – n’y étaient pas nos alliés. Dès le shakedown, nous avons été confrontés à des ennuis de moteur et le temps passé à en chercher la solution avec nos ingénieurs n’a pu être consacré à peaufiner les réglages. Lors de la courte superspéciale disputée dans la ville de Cordoba, la mécanique fonctionnait convenablement mais le lendemain matin dès le départ, elle a connu de nouvelles sautes d’humeur… Le mal s’est aggravé dans la première spéciale où nous avons perdu plus de 6 minutes, le moteur s’étant arrêté à plusieurs reprises. A force de chercher, nous avons fini par trouver l’origine de ces ennuis : un connecteur mal fixé… Dès ce moment, nous n’avons plus eu qu’un objectif : rallier l’arrivée en ordre utile pour inscrire des points aux championnats du monde, pilotes et constructeurs. Ainsi dit, ainsi fait, nous avons fini 6èmes d’une épreuve remportée par nos équipiers néo-zélandais Hayden Paddon et John Kennart. Outre le coup de boost qu’elle représente pour le moral de tout le team Hyundai, cette victoire montre que la i20 WRC New Generation a le potentiel pour jouer la gagne au plus haut niveau. Personnellement, le résultat enregistré en Argentine me motive encore plus pour la suite de ma campagne 2016, et d’abord pour le prochain round au Portugal. Je me réjouis d’y être ! Croyez-moi, j’attends ce rallye avec impatience car, comme mon pilote, je suis persuadé de disposer des arguments indispensables pour y briller : une auto dans le coup, un parcours – quasi identique à celui de 2015 – intéressant et sélectif, une farouche envie de briller, tout me semble réuni pour réussir un chouette truc. A très bientôt pour vous en parler !

Nicolas Gilsoul  

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