Je suis français, basé en Occitanie, et pourtant je lis chaque newsletter Wallonia.be avec une attention particulière. Avec mon associé, nous sommes ambassadeurs de la marque au nom de FAMAVERI. Avec le temps, j'y ai trouvé bien plus qu'une vitrine économique : une galerie de dirigeants qui ont fait de l'international non pas une option, mais un réflexe.
Une région qui pense export dès le départ
Prenez Synerglass-Soft, à Sprimont. Une PME qui digitalise l'industrie du verre plat et réalise 91 % de son chiffre d'affaires à l'export. Après avoir conquis le marché français, elle vise maintenant l'Amérique du Nord.
Prenez Aerospacelab, fondée en 2018, qui va construire 264 des 348 satellites de la constellation européenne IRIS².
Ou encore ces entreprises wallonnes présentes à l'IAAPA Expo Europe, qui conçoivent les technologies des attractions de parcs du monde entier. C'est un univers qui me parle, puisque FAMAVERI accompagne les acteurs du tourisme, de la culture et des loisirs.
Le point commun de ces réussites ne tient ni à la taille ni au secteur. C'est une posture : celle de dirigeants pour qui le marché d'origine est un point de départ, pas un horizon.
Le moment de bascule
J'ai dirigé Honda France, la filiale française d'un groupe japonais. J'y ai appris ce que signifie piloter une entreprise à la jonction de deux cultures, avec des décisions prises à Paris qui devaient tenir à Tokyo, et inversement.
Ce que j'en retiens, c'est qu'il existe dans la vie de toute entreprise un moment de bascule. Celui où ce qui a fait le succès ne suffit plus. Ce moment a des visages très concrets :
- recruter quelqu'un qu'on ne verra que trois fois par an ;
- déléguer une décision commerciale dans un pays dont on maîtrise mal les codes ;
- constater que l'équipe des débuts n'avance plus au même rythme que l'ambition ;
- et surtout, porter seul des choix qu'on n'a jamais eu à faire.
Les communiqués parlent de contrats, de parts de marché, de trophées. Ils parlent rarement de ce que vit la personne qui signe.
Derrière la façade
C'est ce qui m'a conduit à lancer le podcast Le Masque du Patron. Des dirigeants y racontent ce qui se passe derrière la réussite affichée : les doutes, les arbitrages qu'ils n'ont confiés à personne, les moments où le rôle a pris le pas sur la personne.
Épisode après épisode, un constat revient. Les dirigeants les plus solides ne sont pas ceux qui n'ont jamais vacillé. Ce sont ceux qui ont su, au bon moment, s'entourer d'un regard extérieur : quelqu'un sans enjeu de pouvoir, qui a traversé des passages comparables, et qui ose dire ce qu'il voit. C'est le sens du travail de mentor que je mène aujourd'hui auprès de dirigeants, à travers REBOOT30.
Un pont plus naturel qu'il n'y paraît
Wallonie et Occitanie se ressemblent plus qu'on ne le croit : des tissus de PME agiles, des niches à forte valeur ajoutée, et des ambitions internationales qui dépassent largement la taille des entreprises qui les portent. Si ces lignes résonnent avec ce que vous vivez, depuis Liège, Namur ou Mons, j'aurais grand plaisir à comparer nos regards.
L'international n'est pas un saut dans le vide. C'est un passage. Et il se traverse rarement seul.
Florent Lionnet — Associé de FAMAVERI, mentor de dirigeants, ancien Directeur Général de Honda France
