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De la dépendance énergétique à la puissance verte, il n’y a qu’un… Liégeois

La Wallonie compte déjà un érudit qui pense la ville de demain…

 

De la dépendance énergétique à la puissance verte, il n’y a qu’un… Liégeois

 

 

Il y a des moments où le changement climatique cesse d’être une projection scientifique pour devenir une expérience quotidienne.

Une chaleur qui s’installe et devient difficile à supporter. Des sols qui s’assèchent. Des incendies qui se rapprochent. Des pluies qui, à l’inverse, transforment en quelques minutes un cours d’eau en menace. Des quartiers qui ne sont pas tous exposés de la même manière, des populations qui ne disposent pas toutes des mêmes moyens pour s’adapter et, demain peut-être, des conséquences beaucoup plus lourdes encore sur notre agriculture et notre alimentation.

Pour Junior Mbangala, jeune économiste liégeois de 28 ans, cette réalité climatique n’est pas née uniquement dans les livres ou les amphithéâtres. Elle est entrée brutalement dans sa vie en 2021, lorsque les terribles inondations ont frappé la Belgique.

Chênée, c’est chez lui.

Il aime se promener dans les quartiers, emprunter les chemins prévus pour les baladeurs, regarder cette commune qu’il trouve si belle. Et puis, d’un coup, sans prévenir, la nature s’est déchaînée. L’eau a envahi les rues, détruit des maisons, bouleversé des vies. Junior raconte avoir vu et vécu l’horreur, une souffrance d’une intensité inexprimable, le désespoir et le désarroi de tant d’habitants de sa commune.

Comme si une bombe avait frappé le paysage, laissant derrière elle des maisons détruites et des souvenirs.

Cette expérience constitue un véritable électrochoc.

Elle transforme une interrogation intellectuelle en question existentielle : comment prévenir de telles catastrophes ? Comment rendre nos territoires plus résilients ? Comment faire en sorte que la transition écologique ne soit pas seulement une affaire de technologies ou de chiffres, mais une véritable transformation de nos manières de vivre ?

C’est à partir de là que Junior décide de consacrer une partie de sa réflexion à la prévention des catastrophes et, plus largement, à la manière dont nous allons habiter nos villes et nos territoires demain.

 

Un jeune économiste qui voulait comprendre le monde

Agé de 28 ans, passionné par l’écologie, l’économie et l’humain, Junior Mbangala rêvait pourtant de devenir journaliste.

Son moteur était déjà en lui : comprendre les mécanismes, les fonctionnements. Comment ça marche ? Pourquoi ?

Titulaire d’un Master en économie et politique publique, il va progressivement construire un parcours intellectuel qui dépasse largement les frontières d’une seule discipline.

Sur les bancs de l’université d’Oxford, une idée prend forme : imaginer un nouveau paradigme capable de relier l’économie du développement humain et social à l’indépendance énergétique, en utilisant les ressources de la nature de manière respectueuse.

Pour Junior, la crise écologique ne peut pas être dissociée des injustices sociales ni des rapports de domination qui traversent nos sociétés.

Derrière la transition énergétique, il y a donc beaucoup plus que des panneaux solaires, des bâtiments rénovés ou des objectifs de réduction des émissions.

Il y a des citoyens.

Des quartiers.

Des rapports de pouvoir.

Des inégalités.

Des choix collectifs.

Et une question fondamentale : qui participe à la transformation de nos territoires et qui en bénéficie ?

 

Une autre manière de regarder l’énergie

Dans ses recherches consacrées à la Wallonie, Junior Mbangala s’intéresse notamment à la justice énergétique et aux politiques liées au photovoltaïque.

À première vue, la question pourrait sembler purement technique.

Elle ne l’est pas.

Qui peut installer des panneaux solaires ? Qui peut investir ? Qui bénéficie des mécanismes de soutien ? Qui peut participer aux nouvelles communautés énergétiques ? Que se passe-t-il pour les ménages qui n’ont pas les moyens de financer leur propre transition ?

Produire de l’énergie renouvelable est une chose.

Faire en sorte que cette énergie participe à une société plus équitable en est une autre.

C’est cette deuxième question qui intéresse Junior.

Elle devient particulièrement importante lorsque l’on comprend que la transition énergétique peut aussi se construire à l’échelle d’un quartier, d’une école, d’un immeuble, d’une commune.

Imagine-t-on une école qui produit davantage d’électricité photovoltaïque qu’elle n’en consomme à certains moments de la journée ?

Pourquoi cette énergie produite à partir d’une ressource naturelle gratuite ne pourrait-elle pas, lorsque la production le permet, bénéficier localement à d’autres habitants ou à des bâtiments publics ?

Derrière cette possibilité très concrète apparaît une autre conception de la ville : une ville dans laquelle l’énergie ne circule pas uniquement depuis de grandes centrales vers des consommateurs anonymes, mais peut aussi être produite, partagée et organisée localement.

 

La ville comme acteur de la transition

C’est ici que la pensée de Junior devient particulièrement intéressante pour les communes wallonnes.

Nous avons souvent tendance à considérer la transition écologique comme une succession de décisions prises à l’échelle des États ou des Régions.

Pourtant, le changement climatique se vit dans des lieux précis, comme par exemple :

Dans une rue.

Dans une école.

Dans un immeuble.

Dans une entreprise.

Dans une maison.

Dans un quartier.

Dans une commune.

Dans un champ.

Dans un verger.

C’est donc aussi à cette échelle que peuvent apparaître les réponses.

Junior s’intéresse notamment aux communautés énergétiques et aux formes de coopération locale susceptibles de rapprocher production et consommation d’énergie.

Et il va plus loin, beaucoup plus loin.

Il ne s’intéresse pas seulement à l’énergie qui circule. Il s’intéresse aux relations qui se créent autour d’elle.

Citoyens, pouvoirs publics, entreprises, associations, institutions, chercheurs : tous ces acteurs peuvent devenir des éléments d’un même écosystème territorial.

Il ne s’agit plus simplement de demander aux citoyens de « faire leur part ».

Il s’agit de leur permettre de devenir des acteurs de la transformation de leur propre territoire.

 

Penser la transition comme un rhizome

Dans cette réflexion apparaît une image particulièrement forte : celle du rhizome.

Un rhizome ne pousse pas nécessairement à partir d’un seul centre. Il se développe dans plusieurs directions, crée des connexions, établit de nouveaux liens.

Cette métaphore permet d’imaginer autrement la transition énergétique.

Plutôt qu’un système entièrement vertical, dans lequel une décision descend d’une autorité vers le territoire, Junior pense un réseau d’initiatives qui se connectent entre elles.

Une commune.

Une école.

Un groupe de citoyens.

Une association.

Des logements sociaux.

Une entreprise locale.

Un producteur d’énergie renouvelable.

Chacun peut devenir un point de connexion.

La ville de demain pourrait ainsi fonctionner davantage comme un organisme vivant que comme une mécanique centralisée.

Mais Junior apporte immédiatement une nuance essentielle à cette vision : un réseau n’est réellement juste que s’il permet à chacun d’y participer.

Car une transition qui ne profiterait qu’à ceux qui disposent déjà de moyens financiers, de connaissances techniques ou d’un accès privilégié aux décisions risquerait de reproduire les inégalités qu’elle prétend combattre.

Junior pose alors une question essentielle : qui participe à cette transformation et qui en bénéficie ?

 

La Wallonie regardée depuis Oxford

Il y a quelque chose de singulier dans le parcours de Junior Mbangala.

Il travaille sur ces questions dans un environnement académique international, notamment à Oxford. Il a également vécu une expérience à la Délégation Wallonie-Bruxelles à Londres et poursuivi son parcours auprès de la Représentation permanente de la Belgique auprès des Nations Unies à New York.

Son chemin pourrait presque se résumer en une phrase : il a étudié ces questions à l’université d’Oxford, les a observées dans les territoires et est allé voir comment elles se négocient au niveau international.

Mais son regard profondément humaniste ne s’est pas détaché de la Wallonie.

Au contraire.

Il semble avoir choisi de la regarder avec davantage de recul.

C’est peut-être l’un des apports les plus précieux des chercheurs qui circulent entre plusieurs mondes : ils reviennent avec des questions que l’on ne se pose pas toujours lorsque l’on reste enfermé dans nos frontières administratives.

Que pourrait devenir la Wallonie si elle considérait ses villes comme des laboratoires de transition ?

Que pourrait-on faire de nos bâtiments publics ?

De nos écoles ?

De nos quartiers ?

De nos toitures ?

De nos espaces urbains ?

De nos communautés ?

De nos champs et de nos terres agricoles ?

Et surtout : comment faire de la transition énergétique autre chose qu’une obligation réglementaire pour en faire un projet collectif ?

 

Des inondations à une nouvelle manière de penser l’avenir

Les inondations de 2021 ont donc été, pour Junior, bien davantage qu’une catastrophe naturelle.

Elles ont rendu visible une vulnérabilité qui était jusque-là souvent abordée à travers des concepts, des statistiques ou des projections.

Le changement climatique était là.

Cette expérience personnelle donne une dimension particulière à son travail.

Derrière les concepts de transition énergétique, de résilience urbaine ou de justice climatique, il y a une réalité vécue.

Et peut-être est-ce précisément ce dont nous avons besoin aujourd’hui : faire le lien entre la science et la vie quotidienne.

 

La question que la Wallonie devrait se poser

Le parcours de Junior Mbangala soulève une question qui dépasse largement sa personne.

La Wallonie sait-elle suffisamment reconnaître et retenir les personnes capables de penser son avenir ?

À l’heure où les communes doivent simultanément faire face au changement climatique, à la précarité énergétique, à la transformation des mobilités, à la rénovation du bâti et à la nécessité de rendre les territoires plus résilients, avons-nous besoin de nouvelles catastrophes climatiques pour relier les enjeux entre eux et mettre en place ce que les érudits comme Junior Mbangala préconisent ?

Il existe déjà, dans nos administrations et nos collectivités, des ingénieurs, des urbanistes, des architectes, des spécialistes de l’environnement et des responsables de projets.

Nous avons également besoin de personnes capables de faire dialoguer l’énergie, l’urbanisme, le climat, la justice sociale, la participation citoyenne, la recherche et les enjeux internationaux.

Avons-nous, dans nos communes et nos institutions, les personnes capables de penser simultanément l’énergie, l’urbanisme, le climat, la justice sociale et les enjeux internationaux ?

 

Et si ce n’est pas encore le cas, une autre question mérite d’être posée

Faudra-t-il créer demain de nouvelles fonctions pour ces nouveaux penseurs du territoire ?

Pourquoi attendre l’urgence alors que nous vivons des catastrophes naturelles et climatiques depuis plusieurs années ?

Il est toujours plus facile de réagir lorsque la catastrophe est déjà là.

Mais une politique véritablement écologique devrait peut-être fonctionner autrement.

Elle devrait anticiper.

Junior Mbangala ne propose pas simplement de réparer le modèle existant.

Il nous invite à réfléchir à ce que pourrait être le modèle suivant.

Et cette réflexion mérite d’être entendue bien au-delà des universités.

 

De la Wallonie au monde — et du monde vers la Wallonie

Il y a enfin une belle ironie dans cette histoire.

Alors que Junior a poursuivi son parcours à New York, au cœur d’une institution où les nations se rencontrent pour discuter des grands défis mondiaux, la question qu’il porte reste profondément territoriale.

Parce que la transition écologique est mondiale, mais qu’elle se construit localement.

Les Nations Unies peuvent fixer des objectifs.

Les États peuvent adopter des stratégies.

Les Régions peuvent voter des politiques.

Mais, au bout du compte, la transition se matérialise quelque part dans une ville, un quartier, une école, une entreprise, simplement dans la vie des citoyens.

Et c’est peut-être là que se trouve la véritable force de la réflexion de Junior Mbangala : relier le monde et le territoire.

Regarder la Wallonie depuis Oxford.

Regarder les enjeux wallons depuis Londres.

Porter cette réflexion jusqu’à New York.

Et, peut-être demain, rapporter en Wallonie ce qui aura été appris ailleurs.

 

Et si nous commencions à penser autrement ?

Nous sommes entrés dans une période où le climat ne nous demande plus si nous voulons changer.

Il nous oblige à réfléchir à la manière dont nous allons vivre.

La question n’est donc plus seulement de savoir combien de tonnes de CO₂ nous devons réduire ou combien de panneaux photovoltaïques nous devons installer.

La question est beaucoup plus profonde :

Quelle ville voulons-nous habiter ?

Quel territoire voulons-nous transmettre ?

 

Quelle place voulons-nous donner aux citoyens dans cette transformation ?

Junior Mbangala apporte à ces questions une pensée jeune, internationale et profondément ancrée dans les réalités territoriales.

Son parcours est né d’un rêve de comprendre le monde, puis d’un choc vécu au cœur de sa propre commune. Des rues de Chênée aux bancs d’Oxford, de Londres à New York, son chemin l’a conduit à regarder autrement ce qui se joue devant nos portes.

Il serait dommage d’attendre que l’urgence nous oblige à chercher ceux qui savent déjà penser l’après.

Les territoires ont plus besoin de personnes capables de concevoir l’avenir avant qu’il ne s’impose à nous.

Et si la Wallonie faisait justement le choix d’écouter monsieur Mbangala ?

 

Pour joindre Junior Mbangala 

Email : junior.mbangala@kellogg.ox.ac.uk

LinkedIn : www.linkedin.com/in/juniormbangala

Monsieur Mbangala diplômé de l'université d'Oxford pose avec son père pour mémoriser le moment
Monsieur Junior Mbangala conférencier sur la question de l'utilisation de l'intelligence artificielle pour répondre aux besoins climatiques actuels et futurs

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