Recycler intégralement le PVC, y compris les déchets aujourd’hui considérés comme non recyclables mécaniquement : tel est l’objectif du projet CIRC-PVC. Porté par INEOS Inovyn et un large consortium de partenaires wallons, ce projet a permis de développer et de tester un prototype innovant. Explications.
Aujourd’hui encore, une part importante des déchets plastiques est destinée à l’incinération ou à l’enfouissement, alors qu’ils peuvent devenir une matière première pour de nouvelles applications. Le PVC, largement utilisé dans le secteur de la construction, illustre bien cet enjeu.
Si le recyclage mécanique du PVC est déjà bien développé pour certaines applications rigides comme les châssis de fenêtre ou les tuyaux, et pour les applications flexibles, comme les câbles ou les revêtements de sol, il reste des flux de déchets pour lesquels aucune solution industrielle n’existe. C’est notamment le cas des applications contenant des additifs hérités interdits ou des structures composites.
Une approche innovante centrée sur toute la chaîne de valeur
C’est pour répondre à ce défi qu’INEOS Inovyn, fabricant de PVC, a lancé le projet CIRC-PVC. L’ambition : analyser et démontrer la faisabilité d’une chaîne de valeur complète, depuis la collecte des déchets jusqu’à la réintégration de la matière recyclée dans de nouveaux produits.
« Nous voulions envisager l’ensemble du processus : récupérer les déchets de PVC sur les chantiers de construction et de démolition, les trier, puis développer une solution pour les déchets non recyclables mécaniquement. C’est dans ce cadre que nous avons mis au point une technologie de dissolution », explique Eric Romers, Head of Project Circle - Sustainability Business chez INEOS Inovyn.
Cette technologie permet de traiter les déchets contenant des additifs hérités aujourd’hui interdits, ainsi que les composites.
« Ces additifs ne peuvent plus être utilisés, mais ils sont encore présents dans de nombreux articles en PVC pour plusieurs décennies. Leur présence empêche le recyclage mécanique. Nous avons donc développé une technologie permettant de les extraire avant de réutiliser la matière », précise-t-il.
Un consortium de partenaires ancrés en Wallonie
Le projet repose sur une collaboration étroite entre plusieurs partenaires industriels et scientifiques, notamment en région de Jemeppe-Sur-Sambre, où se situe le site d’INEOS Inovyn.
- Entreprises Générales Louis Duchêne. L’entreprise se chargeait de collecter les déchets de PVC ainsi que d’autres plastiques.
- Vanheede Environmental Logistics a mis à disposition des solutions de collecte et apporté son expertise en tri des déchets.
- ROVI-TECH a développé un prototype de technologie de tri innovant.
- ECO-DEC a apporté son savoir-faire en séparation solide-liquide.
- Le site belge d’Avient Corporation a formulé de nouveaux compounds PVC à partir de la matière recyclée et en a validé les performances.
Les partenaires industriels ont également bénéficié du soutien de Centexbel, pour les capacités d’analyse, et de l’Université de Liège, qui a travaillé à la fois sur l’analyse du cycle de vie et l’optimisation de la chaîne d’approvisionnement. Les pôles de compétitivités GreenWin et Logistics in Wallonia ont également soutenu le projet dès de sa première idée.
Des résultats probants et des perspectives à long terme
Après deux années de recherche, le consortium a développé un prototype fonctionnel et démontré la viabilité de l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis le déchet jusqu’au nouveau produit.
La suite du projet vise à aller plus loin. « Notre objectif est de créer un nouveau consortium pour poursuivre les travaux sur l’extraction des additifs et la valorisation de ces déchets, dont le traitement par incinération représente aujourd’hui un coût important», indique Eric Romers.
A l’horizon 2030, l’ambition est de disposer d’une unité industrielle dédiée à la dissolution et à l’extraction des additifs interdits. Une étape intermédiaire reste toutefois nécessaire.
« Cela nécessitera des subsides, mais aussi du soutien de l’Union européenne, afin de créer des incitants permettant l’émergence d’un marché compétitif pour le PVC recyclé», conclut-il.
Isabelle Anneet (AWEX)
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