Avec 48 équipes, 104 matchs répartis dans 3 pays, la Coupe du Monde de la FIFA 2026 est la plus grande de l’histoire du football. Plusieurs entreprises wallonnes y jouent un rôle clé. Qu’elles interviennent au cœur du dispositif technique, dans les coulisses ou qu’elles préparent déjà les prochains grands événements, des sociétés de Liège à Charleroi contribuent à produire les images, illuminer les stades et faire vibrer les tribunes lors d’un événement suivi par des milliards de téléspectateurs.
EVS et DELTACAST : des images diffusées au monde entier depuis Liège
Aucun sport moderne, et particulièrement le football, ne peut aujourd’hui se passer des ralentis. Depuis 1994, EVS, entreprise basée à Liège, est devenue la référence dans cette technologie spectaculaire, rendue célèbre lors de la Coupe du Monde 1998 et utilisée depuis lors par les plus grands événements sportifs internationaux.
EVS n’a rien perdu de son avance. L’entreprise a remporté le contrat avec HBS, diffuseur hôte officiel du tournoi, pour assurer la couverture des 104 matchs de la compétition. Des ralentis aux replays d’actions, en passant par la gestion et la distribution des contenus, EVS fournit un écosystème technologique et de services complet.
« Cette Coupe du Monde intègre notamment VIA MAP, une plateforme qui permet de centraliser à Londres la production et la gestion des contenus à distance, évitant ainsi de déplacer des équipes entières vers le continent américain », explique son CEO, Serge Van Herck. « C’est la première fois que cette technologie est déployée à une telle échelle. »
Les équipes d’EVS travaillent à la fois sur site et à distance. Leur promesse : « Faire vivre l’émotion à des milliards de téléspectateurs. »
Autre acteur liégeois, DELTACAST, filiale spécialisée dans le sport du groupe DELTATEC, participe à la Coupe du Monde de deux manières distinctes.
En Belgique, la RTBF utilise le logiciel DELTA-highlight pour enrichir ses commentaires en studio. De l’autre côté de l’Atlantique, TORNEOS, l’un des plus importants producteurs audiovisuels d’Amérique latine, exploite la suite complète de solutions DELTACAST, notamment la réalité augmentée en direct et l’intégration de statistiques.
Au Mexique, le stade Akron, qui accueillera quatre rencontres du Mondial, utilise également les logiciels DELTACAST pour piloter les contenus affichés sur l’ensemble de ses écrans LED.
Pour Lionel Dutilleux, Marketing Manager : « La qualité n’est pas négociable, surtout lorsque nous fournissons nos logiciels et formons les techniciens directement sur place. Tout doit fonctionner parfaitement et efficacement. »
Des applications de réalité augmentée en direct à la gestion de contenus et d’écrans LED, les solutions DELTACAST sont également largement utilisées lors de grands concerts internationaux.

SCHRÉDER : l’éclairage qui rend tout possible
La qualité d’un ralenti en 4K dépend aussi de l’éclairage du terrain. C’est précisément le domaine d’expertise de Schréder.
Fondée à Liège en 1907, l’entreprise n’équipe pas directement les stades de cette Coupe du Monde. En revanche, elle a mené un important travail de reconstruction de son activité dédiée au sport. Après une phase de recentrage stratégique, Schréder a développé une nouvelle plateforme d’éclairage, qu’elle a ensuite soumise au FIFA Quality Programme for Floodlights.
Le processus de certification est particulièrement exigeant : audit de l’entreprise, de ses usines et de ses fournisseurs, essais en laboratoire pour valider les performances techniques, puis mesures et tests sur le terrain au DHL Stadium du Cap.
Cette démarche a également permis à Schréder d’obtenir un siège au sein du comité technique de la FIFA consacré à l’éclairage.
« Nous avons rempli tous les critères et obtenu le label FIFA QUALITY PRO pour nos solutions BRITELINE et OMNIBLAST », explique avec fierté Cédric Collard, Sports Segment Manager, qui a piloté cette candidature pendant 18 mois.
« Ce siège signifie que Schréder participe désormais aux discussions qui définissent les standards mondiaux de l’éclairage sportif. Nous sommes un peu le douzième homme sur le terrain. »
L’entreprise vise déjà les prochaines grandes échéances internationales, notamment la Coupe du Monde 2030 en Espagne, au Portugal et au Maroc, ainsi que celle de 2034 en Arabie saoudite, un marché qu’elle connaît déjà bien et où les projets de construction de stades et d’infrastructures se multiplient.
« Notre priorité est d’éclairer tous les sports. Voir où nous allons est une formidable source de motivation ! »
DREAMWALL : dans les coulisses du stade
Créée à Charleroi en 2007 à l’initiative de la RTBF et des Éditions Dupuis, Dreamwall est un studio de production créative et d’animation.
Près de vingt ans plus tard, l’entreprise déploie sa technologie virtuelle au Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta, une enceinte ultramoderne équipée d’un écran circulaire à 360°, qui accueillera une demi-finale de la Coupe du Monde 2026.
Sa technologie permet de remplacer virtuellement les panneaux publicitaires diffusés à la télévision. En superposant en temps réel des éléments graphiques, caméra par caméra, les téléspectateurs voient des publicités adaptées à leur région plutôt que celles visibles dans le stade.
« Ce n’était pas simple », reconnaît le CEO Thibault Baras. « Nous avions des difficultés à éviter que les joueurs ou le ballon ne soient masqués. Mais nous avons récemment réalisé une avancée majeure. »
Grâce à un partenariat avec une entreprise australienne, Dreamwall utilise désormais une intelligence artificielle capable d’identifier et de distinguer ces éléments en temps réel.
« Notre expérience porte ses fruits. Nous ne pourrions pas réussir ce que nous faisons aujourd’hui sans les innovations développées auparavant. »
Dreamwall est également à l’origine de Keywall, une filiale spécialisée dans les studios virtuels sur fond vert. Celle-ci a notamment produit les effets de réalité augmentée lors des élections présidentielles françaises à l’Assemblée nationale et collaboré avec TF1 pendant la Coupe du Monde 2018.
Les essais réalisés à Atlanta ont déjà débouché sur des discussions commerciales en vue d’un déploiement dans le championnat américain de football.
« Nous avons toujours fait preuve d’audace, grâce à notre maîtrise approfondie des technologies et à notre expertise. »

COMITTY : la technologie cashless à grande échelle
Le fondateur de Comitty, Thomas Farrauto, n’a pas regardé la Coupe du Monde depuis son canapé : il l’a étudiée.
Originaire de Mettet et diplômé de la Haute École HENALLUX, il a participé à plusieurs missions de l’Agence wallonne à l’Exportation et aux Investissements étrangers (AWEX) en Arabie saoudite afin d’analyser la gestion des systèmes de paiement sans espèces dans les grands stades… ou plutôt d’identifier ce qu’il restait à mettre en place.
Comitty regroupe au sein d’une interface unique la billetterie, les bars, les commandes fournisseurs et les produits dérivés.
La société a déjà équipé l’Easi Arena, stade du RAAL La Louvière, et fournit également le module BarTrack, qui mesure en temps réel le volume de bière pression servi. Cette solution est déjà utilisée dans plusieurs stades de la NFL.
« Nous avons commencé avec un salon étudiant et aujourd’hui nous équipons de grands stades. Il faut toujours viser haut. »
Et Comitty ne manque pas d’ambition : l’entreprise est actuellement en discussion avec Atlanta et vise déjà de nouveaux projets, notamment Pairi Daiza, le Grand Prix de Spa-Francorchamps ainsi que la Coupe du Monde 2030.
WAB Magazine
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