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Les aînés, richesse invisible de notre société wallonne.

 

Les aînés, richesse invisible de notre société wallonne.

 

Le vieillissement de la population est généralement présenté sous l'angle de son coût. La réalité est bien plus positive pour la société en général et la Wallonie en particulier.

Je vous propose de le voir sous l’angle de ce qu’il apporte et rapporte.

Heureusement…. La vie continue et les jeunes vieux refusent de garder le fauteuil à longueur de journées. Ayant toujours été actifs, ils aiment et ressentent le besoin de garder des activités, d’être utile, de vivre.

Une grande partie de leurs activités n'est pas rémunérée. Elle n'apparaît donc pas ou peu dans les indicateurs économiques traditionnels.

Reconnaître ce que les aînés apportent permet de combattre une représentation réductrice de la vieillesse comme période de vie essentiellement passive, coûteuse ou dépendante.

Cette reconnaissance devient particulièrement importante lorsque l'on s'interroge sur la maltraitance des personnes âgées.

La Wallonie dispose de recherches et de dispositifs qui permettent d'aller plus loin.

L'enjeu pourrait être de réunir ces données dans un véritable « compte de contribution des aînés » wallon, afin de mesurer non seulement ce que le vieillissement demande à la collectivité, mais aussi ce que les personnes âgées apportent à l'économie, aux familles, aux associations, aux communes et à la cohésion sociale. Une telle approche permettrait de déplacer le regard : du coût du vieillissement vers l'ensemble de sa valeur.

Note méthodologique : l'article privilégie les données relatives à la Wallonie. Lorsque les sources wallonnes ne permettent pas de disposer d'un indicateur comparable, certaines données belges ou européennes sont conservées explicitement comme éléments de contexte et ne sont pas présentées comme des mesures de la contribution wallonne.

 

Une population importante de la Wallonie

En 2025, la Wallonie comptait 3 657 024 habitants, dont 721 397 personnes âgées de plus de 65 ans soit 20,2 % de la population wallonne.

Environ une personne sur cinq en Wallonie a au moins 65 ans.

Selon les perspectives du Bureau fédéral du Plan reprises par l'IWEPS, la part des personnes de 65 ans et plus en Wallonie pourrait atteindre 30,1 % en 2081, contre 20,2 % en 2025. La part des personnes de 80 ans et plus passerait de 5,1 % en 2025 à 12,5 % en 2081.

Le vieillissement démographique constitue donc une transformation profonde de la société wallonne.

 

Les aînés ne sont pas seulement bénéficiaires de services : ils en sont aussi producteurs

Les personnes âgées qui continuent à travailler produisent des biens ou des services marchands dont la valeur est enregistrée dans les transactions économiques.

Elles peuvent également fournir de nombreux services non marchands, non rémunérés et donc généralement absents des comptes économiques traditionnels, parmi lesquels :

  • garde des petits-enfants ;
  • aide à une personne souffrante ;
  • accompagnement de proches ;
  • bénévolat ;
  • engagement associatif ;
  • participation citoyenne ;
  • aide informelle ;
  • tenue d’une maison ;
  • relecture et correction de documents ;
  • réparation diverses ;
  • transmission de connaissances ;
  • accompagnement social ;
  • entretien des liens familiaux ;
  • transmission culturelle ;
  • création de souvenirs et de mémoire collective.

 

La valeur économique des aînés

L'IWEPS souligne lui-même que la contribution des seniors à l'économie ne doit pas être oubliée et identifie plusieurs formes de création de valeur : capacité d'investissement, activités bénévoles et associatives et participation au marché du travail.

 

Son étude consacrée à la Silver Economy en Wallonie examine précisément les activités économiques liées aux besoins et aux aspirations des personnes âgées, ainsi que les possibilités de développement économique et d'emploi. Elle invite également à considérer la capacité d'investissement, les activités bénévoles et associatives et la participation au marché du travail.

La contribution économique des aînés dépasse donc largement leur éventuelle consommation de produits spécifiquement destinés aux seniors.

 

La Silver Economy

La Silver Economy désigne un ensemble transversal d'activités économiques répondant aux besoins et aux opportunités liés au vieillissement de la population.

Elle concerne notamment :

  • la santé ;
  • le logement ;
  • l'adaptation de l'habitat ;
  • la domotique ;
  • les technologies ;
  • l'assistance ;
  • la mobilité ;
  • les services ;
  • le tourisme ;
  • les loisirs ;
  • la culture ;
  • l'autonomie ;
  • les services à domicile.

L'IWEPS souligne que la Silver Economy ne constitue pas une filière unique. Elle traverse de nombreux secteurs de l'économie.

La Wallonie s’est intéressée explicitement à cette question à la suite d'une résolution du Parlement wallon adoptée le 19 avril 2017, qui avait chargé l'IWEPS d'étudier le potentiel de développement d'une Silver Economy wallonne.

 

Les aînés et le travail rémunéré ?

Selon l'ONSS, en 2025, les travailleurs en flexi-job âgés de 65 ans et plus représentaient 16,1 % de l'ensemble des travailleurs en flexi-job, et 30,3 % du volume total de travail en équivalents temps plein.

Leur nombre a augmenté de 21,3 % par rapport à 2024. L'ONSS précise qu'on peut supposer que la majorité de ces travailleurs de 65 ans et plus sont des personnes pensionnées.

 

Les aînés font fonctionner l'économie par leur consommation

En Wallonie, les ménages dont la personne de référence a plus de 60 ans représentent, selon les trois enquêtes sur le budget des ménages examinées par l'IWEPS, entre 27 % et 31 % de l'ensemble des dépenses des ménages wallons.

Autrement dit les dépenses de 1 ménage sur 3 sont le fait d’un ménage de personnes âgées.

 

 Le tourisme

Les personnes âgées participent également au tourisme.

Les données disponibles pour la Wallonie permettent d'identifier le tourisme comme l'un des secteurs concernés par les comportements des seniors, mais les sources consultées ne permettent pas encore de quantifier précisément leurs dépenses touristiques propres en Wallonie.

Le tourisme des seniors constitue néanmoins une clientèle à prendre en compte dans les politiques touristiques et dans l'économie des territoires.

Leur présence participe à faire vivre, entre autres :

  • les hébergements ;
  • les restaurants ;
  • les transports ;
  • les commerces ;
  • les musées ;
  • les sites touristiques ;
  • les activités culturelles ;
  • les soins esthétiques, de relaxation ;
  • les services de proximité.

Le tourisme est particulièrement intéressant pour démontrer que les aînés peuvent contribuer à l'économie de territoires parfois éloignés des grands centres urbains.

 

Les grands-parents : une force familiale invisible

En Belgique, selon Statbel, près de 600 000 grands-parents consacrent au moins une heure par semaine à la prise en charge d'un petit-enfant de moins de 15 ans.

Dans 60 % des cas, le petit-enfant le plus jeune est âgé de moins de cinq ans. Ces données sont nationales et donnent un ordre de grandeur utile en l’absence, dans les sources consultées, d’un décompte wallon comparable.

En Wallonie, cette contribution familiale mérite d'être considérée comme une véritable composante du fonctionnement social. La garde ponctuelle des petits-enfants, l'accompagnement aux activités, les trajets, l'aide aux devoirs, la préparation des repas ou la simple présence permettent à des familles de fonctionner et libèrent du temps pour d'autres activités.

 

Les aînés comme aidants

Les travaux consacrés au vieillissement en Wallonie montrent également l'importance des soins informels et de l'aide apportée par les proches.

L'IWEPS a notamment relevé qu'environ 19,5 % des communes wallonnes se trouvaient dans une situation problématique où l'offre de soins était inférieure aux besoins identifiés. L'étude souligne aussi les difficultés liées à l'aide familiale, à la garde des personnes malades et à l'accès à des solutions abordables, ainsi que la nécessité de mieux soutenir les aidants informels.

De nombreux aînés sont eux-mêmes des aidants.

Les données récentes de Statbel indiquent que 800 000 Belges aidants proches représentent une partie de ces aidants eux-mêmes âgés.

 

Le bénévolat

Les aînés sont également des acteurs importants du bénévolat et de la vie associative.

Les données disponibles pour la Wallonie donnent un ordre de grandeur concret : une analyse fondée sur l'étude de la Fondation Roi Baudouin sur le volontariat indique que 6,6 % de la population wallonne est engagée dans le volontariat organisé ; chez les personnes de plus de 60 ans, le taux atteint 7,2 %.

Les plus de 60 ans représentent par ailleurs près d'un volontaire sur trois et déclarent en moyenne davantage d'heures de volontariat.

Une partie importante du tissu associatif repose sur cette disponibilité.

 

                L'engagement associatif et citoyen

Comme nous l’avons vu, l’engagement des aînés dépasse le bénévolat. Ils participent à la vie citoyenne.

Les démarches de type «Wallonie Amie des Aînés» reposent notamment sur la participation des personnes âgées à la réflexion sur leur environnement de vie.

La Wallonie a expérimenté cette démarche dans six communes pilotes — Braine-l'Alleud, Farciennes, Vaux-sur-Sûre, Namur, Malmedy et Sprimont — dans le cadre d'une recherche-action participative menée avec, par et pour les aînés.

Aujourd'hui, l'AVIQ indique qu'environ 40 communes wallonnes sont engagées dans la démarche « Wallonie Amie des Aînés ». Ce dispositif montre que la parole des personnes âgées peut être intégrée directement à la conception des politiques locales, des espaces publics, de la mobilité, du logement, de la sécurité et des loisirs.

 

Une amélioration pour les aînés bénéficie à toute la population

Les aménagements destinés à faciliter la vie des personnes âgées peuvent également améliorer la vie de nombreuses autres personnes.

Un trottoir abaissé facilite les déplacements, des transports publics plus accessibles bénéficient également à l'ensemble de la population.

Une meilleure signalétique facilite l'orientation de nombreuses personnes.

Un espace public mieux éclairé améliore le sentiment de sécurité de plusieurs catégories de citoyens.

Un banc permet à une personne âgée de se reposer, mais peut aussi être utilisé par une personne enceinte, une personne malade, un promeneur, un lecteur ou un enfant.

Penser la ville à partir des besoins des aînés peut donc contribuer à rendre la société plus accessible à tous.

 

Les aînés et la transmission des savoirs

La valeur des aînés ne réside pas uniquement dans les services qu'ils rendent. Elle réside également dans ce qu'ils connaissent.

Au cours d'une vie, une personne accumule :

  • des connaissances professionnelles ;
  • des compétences pratiques ;
  • des savoirs-faires ;
  • une expérience humaine ;
  • une connaissance des territoires ;
  • une mémoire des transformations sociales ;
  • des techniques parfois menacées de disparition.

La transmission de ces connaissances peut présenter une valeur économique autant que culturelle. Elle constitue donc une forme de production immatérielle mais aussi un patrimoine immatériel d’un territoire.

 

La valeur sociale : créer du lien

Une société fonctionne également grâce aux relations entre les personnes, elles-mêmes à la source de transactions économiques, sociales, politiques, culturelles.

Les aînés peuvent contribuer à cette économie du lien.

L'IWEPS insiste précisément sur la nécessité de densifier les liens sociaux, de donner une place aux personnes âgées et de favoriser leur participation. Le rôle social des aînés ne se réduit donc pas à une aide matérielle : leur présence, leur mémoire, leur expérience et leur capacité à maintenir des relations constituent également une ressource collective.

Ils peuvent notamment contribuer à réduire l'isolement de la population de tout âge et éviter des drames. Ils peuvent favoriser le sentiment d'appartenance, renforcer la cohésion sociale. Il s’agit d’une contribution sociale potentielle, et non d’un effet automatique de l’âge.

 

L'économie invisible des aînés

Il serait possible de construire un véritable « compte de contribution des seniors ».

Pour la Wallonie, un tel compte pourrait commencer par quelques indicateurs déjà disponibles :

  • 721 397 habitants de 65 ans et plus en 2025 ;
  • 27 à 31 % des dépenses des ménages wallons associées aux ménages dont la personne de référence a plus de 60 ans ;
  • 6,6 % de la population wallonne engagée dans le volontariat organisé, avec 7,2 % chez les plus de 60 ans ;
  • environ 40 communes engagées dans « Wallonie Amie des Aînés » ;
  • 42 992 bénéficiaires wallons de la GRAPA de plus de 65 ans, indicateur de la diversité des situations économiques.

Ces chiffres ne mesurent pas encore toute la contribution des aînés, mais ils montrent qu'une base statistique wallonne existe déjà et qu’elle pourrait être complétée par des indicateurs de travail, de soins informels, de bénévolat, de participation citoyenne et de transmission.

On pourrait y distinguer :

Contribution économique directe

  • emploi ;
  • travail après l'âge légal de la pension ;
  • activité indépendante ;
  • flexi-jobs ;
  • consommation ;
  • tourisme ;
  • investissement.

Contribution économique indirecte

  • garde des petits-enfants ;
  • soins informels ;
  • aide familiale ;
  • bénévolat ;
  • services rendus gratuitement.

Contribution sociale

  • vie associative ;
  • engagement citoyen ;
  • accompagnement ;
  • lutte contre l'isolement ;
  • création de lien.

Contribution familiale

  • garde ;
  • présence ;
  • accompagnement ;
  • transmission ;
  • médiation ;
  • création de souvenirs.

Contribution culturelle

  • mémoire ;
  • patrimoine ;
  • savoir-faire ;
  • traditions ;
  • récits.

Contribution affective

  • affection ;
  • présence ;
  • sentiment d'appartenance ;
  • continuité familiale ;
  • construction de souvenirs.

Une telle comptabilité permettrait de rendre visibles ces différentes contributions. Une valorisation monétaire pourrait ensuite être envisagée pour certaines activités mesurables en heures, à condition de préciser la méthode retenue – par exemple un coût de remplacement ou un coût d’opportunité – et de distinguer clairement cette valorisation comptable d’une valeur morale ou humaine.

 

Prendre soin des aînés c’est préserver une richesse

Si les personnes âgées contribuent à la société de tant de manières, leur santé et leur autonomie prennent une importance collective.

En effet, préserver leur santé permet de préserver leur capacité à :

  • participer ;
  • aider ;
  • travailler lorsqu'elles le souhaitent et le peuvent ;
  • garder leurs petits-enfants ;
  • faire du bénévolat ;
  • accompagner un proche ;
  • maintenir leurs relations ;
  • transmettre leurs connaissances ;
  • rester actrices de leur vie.

 

La santé des aînés crée de la richesse

La santé et l’autonomie des aînés ont également une dimension économique. Elles permettent lorsqu’elles sont préservées, de maintenir plus longtemps la participation au travail, bénévolat, vie familiale et associative et à la vie citoyenne.

Les dépenses de santé créent notamment :

  • le revenu d'un professionnel ;
  • l'activité d'une entreprise ;
  • l'emploi d'un travailleur ;
  • l'achat de matériel ;
  • le fonctionnement d'un établissement ;
  • des recettes fiscales et sociales à différents niveaux de la chaîne économique.

 

                Vieillir en bonne santé permet de continuer à participer

Une personne qui conserve une bonne autonomie peut continuer plus longtemps à participer aux nombreuses activités apportant tant une valeur qu’un prix. La santé et l'autonomie ne sont donc pas seulement des enjeux individuels et économiques. Elles ont également une dimension sociale.

 

La question de la maltraitance

C'est ici que la réflexion sur la valeur des aînés rejoint la question qui se trouve au cœur de notre démarche.

Une personne âgée qui est considérée uniquement comme une charge peut être plus facilement réduite à ses besoins et devenir victime.

Or cette représentation est fausse et incomplète comme nous venons de le voir.

Reconnaître la contribution des aînés, leur droit à la parole, expérience, capacité de décision, leur vie affective, familiale et sociale, reconnaître qu'ils peuvent encore donner autant qu'ils peuvent recevoir est important dans la lutte contre la maltraitance pour une société plus harmonieuse, épanouie où les valeurs ajoutées par les aînés sont appréciées et encouragées.

 

La maltraitance privée

La maltraitance des personnes âgées peut prendre différentes formes dont certaines « invisibles ». Citions par exemple :

  • psychologique ;
  • sexuelle ;
  • financière ;
  • administrative ;
  • relationnelle ;
  • négligente ;
  • institutionnelle.

La maltraitance financière est particulièrement préoccupante dans une population où certaines personnes peuvent être vulnérables à l'exploitation de leur patrimoine ou de leurs revenus.

 

La maltraitance institutionnelle et la responsabilité collective

La maltraitance ne doit pas être pensée uniquement comme le fait d'un individu malveillant. Des pratiques institutionnelles peuvent également produire de la négligence, de la déshumanisation ou une perte d'autonomie.

Il faut donc examiner :

  • les procédures ;
  • les conditions de prise en charge ;
  • l'accès aux soins ;
  • le respect des droits ;
  • la possibilité de choisir ;
  • l'accès à l'information ;
  • la possibilité de contester une décision ;
  • la qualité de l'accompagnement ;
  • le respect de la vie privée ;
  • la considération accordée à la parole de la personne âgée.

Il ne s'agit pas d'affirmer que l'État ou les institutions maltraitent d’une manière quelconque les personnes âgées. Il s'agit de rappeler que les systèmes eux-mêmes doivent être évalués à partir de leurs effets sur les personnes.

 

Des acteurs wallons existent déjà

La Wallonie dispose d'acteurs engagés dans la prévention et l'accompagnement des situations de maltraitance.

  • « Respect Seniors » est notamment une structure wallonne spécialisée dans cette problématique.

Ses rapports montrent chaque année un nombre important de situations accompagnées et de formes de maltraitance identifiées.

Ces chiffres ne représentent que les situations connues de l'organisme. Respect Seniors souligne que le phénomène est en partie invisible : dans son rapport annuel 2022, l’association indiquait que la maltraitance est taboue et que la peur des représailles, notamment lorsque l’auteur est un membre de la famille, peut contribuer au silence.

  • Le médecin wallon David Bouillon est notamment engagé publiquement sur cette question. Il a créé une fondation consacrée à la protection de la personne âgée et a déposé en 2026 une pétition au Parlement de Wallonie demandant notamment une audition publique sur la protection des personnes âgées et le respect de leurs droits.

En Wallonie, la question de la protection des aînés existe et mérite d'être prise au sérieux.

 

Pourquoi la Wallonie peut donner l'exemple

La Wallonie dispose déjà :

  • de recherches de l'IWEPS ;
  • d'acteurs associatifs ;
  • de dispositifs de soutien ;
  • de communes engagées ;
  • d'une politique de Silver Economy ;
  • d'un réseau de services ;
  • d'acteurs de prévention de la maltraitance ;
  • d'une population âgée importante ;
  • d'un tissu associatif riche.

Elle pourrait donc aller plus loin en développant une véritable approche de la valeur globale des aînés.

Il ne s'agirait pas seulement de mesurer les dépenses liées au vieillissement, mais aussi de documenter, avec des méthodes transparentes, les contributions des aînés à la production, à la consommation, aux familles, au bénévolat, aux associations, aux communes et à la cohésion sociale. La question de savoir quelle part de ces contributions génère directement ou indirectement des recettes publiques pourrait constituer un axe de recherche distinct, à ne pas confondre avec une mesure déjà établie.

La Wallonie pourrait ainsi développer un véritable compte de contribution des aînés.

 

Et si nous changions de regard ?

Lorsque nous mesurons réellement ses contributions, nous constatons que la représentation d'une vieillesse uniquement coûteuse est nécessairement incomplète : les coûts sont mesurés et mesurables dans certaines statistiques, tandis qu’une partie des contributions reste encore insuffisamment documentée.

 

Et si, avant de demander combien la vieillesse coûte, nous demandions :

Combien d'heures de garde sont assurées gratuitement par les grands-parents ?

Combien d'heures de bénévolat sont données par les retraités ?

Combien d'heures de soins sont fournies par les aînés à leur conjoint ou à leurs proches ?

Combien continuent à travailler ?

Combien d'associations vivent grâce à leur engagement ?

Combien de familles bénéficient de leur présence ?

Combien d'enfants grandissent avec leurs récits ?

Combien de savoirs disparaîtraient avec eux ?

Combien de souvenirs familiaux existent encore parce qu'une personne âgée les conserve ?

Combien de liens sociaux sont maintenus par leur présence ?

Cette manière de poser la question ne nie pas les dépenses liées au vieillissement.

Elle permet simplement de regarder l'ensemble du tableau.

 

Conclusion

Une société qui ne voit dans ses personnes âgées que des dépenses ne voit donc qu'une partie de la réalité.

Prendre soin des aînés, préserver leur santé, leur autonomie, leurs relations, leur parole et leur place dans la société, c'est donc à la fois respecter leurs droits fondamentaux et préserver une partie de la richesse humaine, familiale, sociale, culturelle et économique de la société wallonne.

Les aînés ne sont pas seulement ceux dont la société doit prendre soin. Ils sont aussi, depuis des décennies et souvent encore aujourd'hui, des personnes qui participent au fonctionnement de la société, à la vie des familles, des associations, des communes et de l'économie.

Prenons conscience que chacun de nous un jour sera un aîné et désirera se reconnaître dans la société wallonne que nous construisons aujourd’hui.

 

 

Sources et références :

IWEPS — Silver Economy en Wallonie
Rapport de recherche n°35, La silver économie en Wallonie : une analyse prospective, juillet 2019. Étude commandée par le Parlement de Wallonie.
IWEPS — La silver économie en Wallonie : une analyse prospective

IWEPS — Revue de la littérature sur la Silver Economy
Working Paper n°27, octobre 2018.
IWEPS — Revue de la littérature

IWEPS — Rapport complet RR35
Rapport de recherche IWEPS n°35 — PDF

IWEPS — Population des 65 ans et plus en Wallonie
Données 2025 et perspectives démographiques.
IWEPS — Population des 65 ans et +

IWEPS — Structure d'activité de la population wallonne
Données 2025 : 721 397 personnes de plus de 65 ans en Wallonie et 3 657 024 habitants.
IWEPS — Structure d'activité de la population wallonne

Statbel — Prise en charge familiale
Publication du 18 août 2026 : 3,4 millions de Belges de 18 à 74 ans prennent en charge un membre de leur famille ; près de 600 000 grands-parents gardent au moins une heure par semaine un petit-enfant de moins de 15 ans ; 80,2 % ont plus de 60 ans.
Statbel — Quatre Belges sur dix s'occupent d'un enfant, d'un petit-enfant ou d'un membre de leur famille

ONSS — Flexi-jobs
Données annuelles 2025 : les 65 ans et plus représentent 16,1 % des travailleurs en flexi-job mais 30,3 % du volume de travail ; leur nombre augmente de 21,3 %.
ONSS — Statistiques annuelles des flexi-jobs

Digital Wallonia — La Silver Economy : une opportunité pour la Wallonie
Digital Wallonia — Silver Economy

European Commission — Silver Economy
Cadre européen de la Silver Economy et potentiel économique lié au vieillissement.

European Commission — Silver Economy Study
Étude européenne consacrée au potentiel économique de la Silver Economy.

David Bloom, Alexander Khoury, Jaypee Sevilla — Economic Contributions of Older Adults in Europe
Étude sur les contributions productives marchandes et non marchandes des personnes âgées en Europe : travail, aide familiale et bénévolat.
Cambridge University Press — Economic Contributions of Older Adults in Europe

Karsten Hank & Stephanie Stuck — Volunteer work, informal help, and care among the 50+ in Europe
Étude européenne fondée sur SHARE, publiée dans Social Science Research.
ScienceDirect — Volunteer work, informal help, and care among the 50+ in Europe

PubMed — Volunteer work, informal help, and care among the 50+ in Europe

The Economic Value of Non-professional Care: A Europe-Wide Analysis
Étude européenne sur la valeur économique des soins informels : 76 millions de personnes, plus de 72 milliards d'heures et environ 576 milliards d'euros selon la méthode utilisée. Ce chiffre concerne tous les aidants adultes et ne doit pas être attribué aux seuls aînés.
Étude — The Economic Value of Non-professional Care

PubMed — The Economic Value of Non-professional Care

Mathieu Lefebvre, Pierre Pestieau, Jérôme Schoenmaeckers — Grandchild care and eldercare. A quid pro quo arrangement
Étude sur la relation entre garde des petits-enfants et soutien reçu ultérieurement par les parents âgés.
UCLouvain — Publication

ULiège ORBi — Publication

Machteld Hoeve et al. — The relationship between parenting and delinquency: a meta-analysis
Méta-analyse de 161 manuscrits sur les liens entre supervision parentale, relations familiales et délinquance.
PubMed — Parenting and delinquency meta-analysis

Sciensano — Enquête de santé
Données relatives aux soins informels et aux aidants proches en Belgique et en Wallonie.

Respect Seniors — Wallonie
Organisme wallon spécialisé dans la prévention et l'accompagnement des situations de maltraitance des personnes âgées.
Respect Seniors — Qui sommes-nous ?

Respect Seniors — Rapport annuel 2025

Parlement de Wallonie — Pétition David Bouillon
Pétition déposée en 2026 concernant la protection des personnes âgées et demandant notamment une audition publique.
Parlement de Wallonie — Pétition

Fondation Lagardère — Docteur David Bouillon — Protection de la personne âgée
Informations relatives à la fondation et à ses objectifs.

Fondation Roi Baudouin — Le volontariat en Belgique en 2019 (publication 2020), avec données régionales reprises par la Plateforme francophone du Volontariat.
https://kbs-frb.be/fr/le-volontariat-en-belgique-en-2019

Wallonie — Services d'aide aux familles et aux aînés (SAFA)
Wallonie — SAFA

SPW — Indemnité forfaitaire des bénévoles
Informations sur les indemnités de défraiement du volontariat.

Acerta — Indemnités bénévoles 2026
Données 2026 sur les plafonds d'indemnités forfaitaires : 44,02 € par jour et 1 760,83 € par an, avec un plafond annuel supérieur dans certaines activités spécifiques. Ces montants sont des défraiements et non la valeur économique du travail bénévole.

OECD — Older workers and Belgium
Données et analyses relatives à l'emploi des travailleurs âgés.

INASTI — Analyse des grandes tendances 2024 du secteur indépendant.
https://www.inasti.be/fr/actualites/analyse-des-grandes-tendances-2024-du-secteur-independant

Wallonie — Wallonie Amie des Aînés (WADA)
Dispositif de participation des aînés à la vie communale et à l'amélioration de leur environnement.

https://www.aviq.be/

Victoria B. Lohay
Ambassadeur Wallonia.be

 

 

 

 

 

 

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